Après un incendie, les dommages matériels ne représentent qu’une partie de la facture. La perte d’exploitation – la marge qui disparaît et les frais fixes qui continuent – peut dépasser le coût de reconstruction. Or elle n’est indemnisée que pendant la période d’indemnisation prévue au contrat.
Comment l’exposition se calcule
En simplifiant : marge brute annuelle assurée × durée réelle d’interruption. Exemple purement illustratif : un hôtel réalise 14 millions de chiffre d’affaires, avec une marge brute assurée d’environ 70 % (≈ 9,8 millions par an). Si l’interruption dure 18 mois, l’exposition atteint ≈ 14,7 millions. Avec une période d’indemnisation de 12 mois, les 6 derniers mois, soit ≈ 4,9 millions, restent à la charge de l’exploitant.
Pourquoi la durée est souvent sous-estimée
- délais d’expertise, de décontamination et de démolition ;
- permis et autorisations de reconstruire, mise aux normes de protection incendie ;
- commande d’équipements spécifiques à long délai (cuisine, installations techniques, machines) ;
- reprise de la clientèle : la période de « remontée en charge » après réouverture compte aussi.
Les points à vérifier dans votre police
- La période d’indemnisation au regard d’un scénario réaliste de reconstruction.
- Le délai de carence et la franchise.
- Les extensions : défaillance de fournisseurs ou de clients, interdiction d’accès, dommages à des tiers dont dépend l’activité.
- La base de calcul (marge brute, frais fixes, chiffre d’affaires) et son actualisation annuelle.
- L’articulation avec la couverture cyber pour les interruptions sans dommage matériel.
Réduire l’exposition avant le sinistre
Un plan de continuité (sites de repli, stocks tampons, fournisseurs alternatifs) et un bon niveau de protection incendie réduisent à la fois la probabilité et la durée d’un arrêt. Un audit de risque permet d’estimer un sinistre maximum possible argumenté, à présenter à l’assureur.
Retrouvez nos documents et modèles dans l’espace téléchargements.
Information générale, sans valeur de conseil juridique ni d’expertise. Les exigences applicables dépendent de votre site, de votre canton / pays et de votre assureur. Contactez-nous pour une analyse adaptée.
